Paco Le Razer

L’homme qui regardait par delà les arbres…



Son parcours autodidacte lui a permis d’approcher les arts plastiques. Il a su très vite intégrer le champ professionnel par l’animation d’ateliers de fonderie et de sculpture dans les locaux de Mix’Art Myris.

Il se dirige ensuite vers de la restauration d’antiquités et d’objets d’art et fonde « Les ateliers du soleil » à Giroussens. Cet espace situé au milieu d’un domaine arboré peuplé d’arbres centenaires : la forêt de Saint Michel lui offrira l’occasion de réaliser des grands formats notamment pour des sculptures d’ornement au milieu d’un cadre idyllique où les matériaux sont à portée de main.


“Je vais me promener dans la forêt et j’observe, ce qui me manque, je le crée, je vais le chercher, …”

Sa source d’inspiration principale est la nature qu’il approche comme un monde peuplé  d’êtres venant réactualiser en permanence son imaginaire en balade. Il regarde les arbres, et cueille au fur et à mesure de sa déambulation des volumes dont les formes contiennent déjà une direction, un sens, une suggestion.

Ce sont les formes qui l’interpellent : une souche, une liane, une branche ou même un morceau de métal rouillé. Le bois constitue sa matière de prédilection bien qu’il puisse intégrer le métal à certaines de ses créations, venant  ainsi donner une autre envergure à ses compositions, comme pour prolonger une énergie, en la reliant à l’espace.


“Je me laisse guider par la matière, je n’ai pas de dessin, de projet, je n’intellectualise pas mon geste”.

La démarche de Paco Le Razer procède de l’écriture automatique, un geste en guide un autre qui peu à peu produit une forme, un accident.

On pourrait le comparer à un archéologue qui au fur et à mesure des strates et des couches viendrait libérer une mémoire inscrite dans la souche, tenterait d’en comprendre les logiques dans l’agencement des nœuds et des veines de l’arbre. Un dialogue s’installe peu à peu avec le végétal, l’extraction physique contenue dans son geste est complétée par celle d’un message que lui seul parvient à décoder, il devient une sorte de « passeur » entre des mondes.


“J’essaie de re-transcrire un idéal, une émotion, un sentiment, ce sont en quelques sortes des images abstraites dont je me rapproche”.

Des compositions dont l’élan presque primitif s’élance vers le ciel telles des danseuses ou des derviches tourneurs. Son travail contient un mouvement en suspens, une énergie verticale qui parvient à transcender la pesanteur de ses monolithes. Il en ressort une force presque tranquille bien centrée entre la terre et le ciel, un équilibre savamment trouvé indiquant une voie intuitive vers des possibles.


Stéphanie Amiot